Comment définir ses limites avec la fibromyalgie? 

Avez-vous peur d’en faire trop? De dépasser vos limites? Êtes-vous toujours en train de vous demander si le fait de faire X, Y activité ou sortie augmentera vos douleurs le lendemain? Si c’est le cas, poursuivez votre lecture! Je vous explique comment vous pouvez définir vos limites et surtout, comment il est possible de vaincre cette peur qui vous brime et vous empêche de faire certaines choses au quotidien.

 

Faut-il ou non dépasser ses limites? 

Tout d’abord, la « limite » à laquelle je fais référence est la limite d’effort physique qui vous permettra de ne pas avoir de douleurs le lendemain (ou de ne pas avoir une augmentation dans vos douleurs). Quand on me pose la question de comment définir ses limites, c’est en fait une peur d’en faire trop et ensuite de payer pour le lendemain.

La première chose à faire est de tourner la question de l’autre côté. Au lieu de vous demander « Est-ce que je vais avoir mal demain en faisant X activité? », je vous invite à vous demander « Quelle est l’activité que je souhaite faire? Quel est le bénéfice que j’aimerais en retirer? La douleur du lendemain en serait-elle plutôt positive? ».

Des clients et abonnés me demandent souvent quel est le niveau d’activité qu’ils peuvent essayer de faire sans avoir de douleurs le lendemain. Se poser cette question dès le départ pose problème, car pour obtenir des résultats suite à un exercice, il faut dépasser ses limites.

Particulièrement si vous cherchez à améliorer votre endurance ou votre force, à augmenter votre énergie, bref, à améliorer votre condition physique pour diminuer vos douleurs chroniques, il vous faudra dépasser vos limites. En ne dépassant pas vos limites, il n’y aura aucune croissance à vos capacités.

Il est irréel de croire qu’il est possible de faire une activité physique qui améliorera notre condition physique sans que celle-ci nous amène d’inconforts le lendemain ou le surlendemain. Que vous ayez ou non des douleurs chroniques, vous n’échapperez pas aux courbatures. Au même titre qu’une personne ne vivant pas avec la fibromyalgie ou d’autres douleurs chroniques, si cette personne souhaite obtenir des améliorations dans sa condition physique, elle devra dépasser ses limites, par exemple en courant plus rapidement, en nageant plus vite, etc.

 

L’inévitabilité des inconforts

Il vous faut dépasser une limite et le dépassement de cette limite causera des microdéchirures dans vos tissus musculaires. Cela peut sonner effrayant, mais n’ayez crainte : c’est ce qu’il faut qu’il se produise! En cassant ces fibres, votre corps réparera celles-ci plus solidement puisqu’elles se seront cassées en effectuant X activité. C’est à ce moment-là que vous aurez un gain, que ce soit au niveau de votre force, de votre endurance, de votre souplesse, etc. Toutefois, et malheureusement, qui dit microdéchirures dit inconforts.

C’est cependant ce qu’il est important de garder en tête. Si vous cherchez à améliorer votre forme physique, par exemple si vous vous demandez si l’aqua forme serait trop pour vous, vous devez écarter l’idée que cet exercice ne vous créera jamais d’inconforts, particulièrement si votre but est d’obtenir des gains. Il s’agit ensuite d’établir le degré d’inconfort auquel vous pouvez vous attendre et que vous seriez capable de tolérer. Votre niveau de tolérance dépendra de qui vous êtes, d’où vous vous trouvez dans votre parcours, de la vitesse à laquelle vous souhaitez aller pour obtenir ces gains, etc.

Suite à tout ceci, le meilleur truc que je peux vous donner est d’y aller par essais et erreurs. Il faut savoir que si vous êtes particulièrement anxieux face à une activité physique, qu’elle soit nouvelle ou non, les chances que vous douleurs de fibromyalgie soient présentes le lendemain sont élevées. Elles seront également élevées si vous êtes anxieux face à la possibilité que vos douleurs soient augmentées.

L’aspect mental et la gestion de votre stress face à cette activité physique sont donc très importants. Plus vous vous mettrez dans des situations où vous essayez de nouvelles activités et où certaines d’entre elles vous mèneront à dépasser vos limites, moins cette anxiété face aux « conséquences » qui pourraient survenir face aux limites sera présente.

Aussi, plus vous vous mettrez dans des situations où vous rencontrerez vos limites, plus vous apprendrez à bien cerner celles-ci. En essayant d’atteindre votre limite à chaque fois, sans nécessairement la dépasser, cela vous permettra de maintenir vos gains. Si vous ne vous approchez jamais de votre limite, cela aura pour effet de vous faire perdre de vos capacités.

 

Est-ce grave de dépasser ses limites?

Lorsque nous parlons de limites, une question que nous nous posons peu mais qui, selon moi, est très importante est : quelles sont les réelles conséquences de dépasses ses limites?

Tout d’abord, la première chose à faire si vous vous trouvez dans une situation où vous avez toujours mal (comme moi auparavant), c’est de vous demander « Qu’est-ce que ça pourrait changer de dépasser mes limites? ». Si vous souhaitez, par exemple, sortir avec des amis, commencer une nouvelle activité physique, etc., et que vous vous demandez ce qui se produirait si vous dépassiez vos limites. Si vous êtes déjà en douleur et que vous dépassez cette limite, le résultat sera le même qu’en ce moment : vous aurez encore des douleurs, peut-être un peu plus, peut-être un peu moins.

Toutefois, si au niveau de vos douleurs la situation n’a pas changé, essayez de garder en tête que vous avez beaucoup gagné en ayant dépassé cette limite. En étant sorti avec vos amis, vous avez gagné un moment où vous avez eu du plaisir en bonne compagnie; en ayant essayé une nouvelle activité physique, peut-être avez-vous eu des courbatures, mais vous avez pris soin de votre corps, vous avez travaillé à sécréter des endorphines (ces hormones qui vous aident à avoir moins de douleurs), etc.

Donc, ce dépassement de vos limites, même s’il a un côté « négatif » à court terme où peut-être vous sentez que vous y êtes allé un peu trop intensément, vous amène également bien du positif, c’est-à-dire un moment de plaisir, un sentiment d’accomplissement. L’alternative aurait été de rester à la maison, de vous priver de faire une activité, alors qu’au bout du compte, vous auriez tout de même ressenti des douleurs.

Personnellement, je préfèrerais nettement vivre ce bon moment au lieu de m’en priver smile

Une autre chose à garder en tête est que votre niveau de tolérance aux activités du quotidien dépendra de la fréquence de celles-ci. Plus vous ferez une activité, plus vous serez confronté aux difficultés qu’elle présente pour votre condition physique, et plus vous augmenterez votre capacité à faire cette activité sans avoir d’effets négatifs.

À force de faire l’activité en question, vous augmenterez votre endurance, votre force, votre souplesse, etc. L’anxiété liée à l’idée de faire cette activité diminuera également puisque vous saurez à quoi vous attendre, l’activité deviendra familière et connue. Tout ceci vous permettra, par la suite, d’être détendu lorsque vous effectuez l’activité et de repousser la limite du départ.

À l’inverse, plus vous vous privez de faire des activités, plus la limite sera basse et rapidement atteignable puisque cette absence d’exposition a pour effet de diminuer votre résilience aux événements du quotidien.

 

L’importance du mental

Finalement, il est aussi important de mentionner qu’une grande part de cette idée d’avoir peur de dépasser ses limites se joue au niveau de votre mental. Lorsque vous avez des douleurs, que vous êtes stressé et que vous percevez chaque activité comme une menace, cela influence grandement votre état émotionnel face auxdites activités et comment vous vous sentirez lorsque vous serez dans une situation où vous devrez les faire.

Cependant, plus vous serez confronté à vos limites, plus vous apprendrez qu’il est bon et sain d’y être confronté. Vous serez également capable d’être davantage dans le moment présent plutôt que de vous concentrer sur cette peur constante d’empirer vos douleurs.

Particulièrement si vous avez tendance à vous isoler et que vous ne sortez pas beaucoup en raison de vos douleurs chroniques, il est très important d’avoir ces petits moments de bonheur smile. Plus vous serez détendu émotionnellement et mentalement face à ces situations, plus il sera facile d’intégrer de nouvelles activités à votre quotidien et de vraiment profiter de la vie.

 

Je vous invite à partager dans les commentaires les limites que vous aimeriez dépasser et pour quelles raisons, que ce soit de recommencer à faire du ski, de commencer à retourner aux sorties en familles et entre amis, bref, qu’aimeriez-vous être capable de faire?

 

 

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