Grossesse et fibromyalgie: choisir d’avoir des enfants lorsqu’on a la fibromyalgie

Malheureusement, il existe peu de ressources au sujet de la fibromyalgie et de la grossesse. Étant moi-même présentement enceinte, c’est un sujet que j’avais envie d’aborder pour plusieurs raisons. Principalement, plusieurs clientes m’ont fait part de leurs réticences à avoir des enfants à cause de la fibromyalgie.

Que ce soit la peur d’une grossesse trop difficile en raison de leurs douleurs, de ne pas avoir l’énergie, par la suite, pour élever les enfants, de ne pas être en mesure d’être aussi présente pour eux qu’elles le voudraient, de ne pas pouvoir physiquement s’en occuper (par exemple, de ne pas arriver à soulever le bébé), etc. Plusieurs peurs tournent autour de cette question, et celles-ci leur font parfois repousser la décision d’avoir des enfants.

Lors de mes recherches sur internet, j’ai constaté le décevant manque d’informations à ce sujet et c’est pour cette raison que j’ai décidé de vous faire part de ma propre expérience en tant que personne diagnostiquée fibromyalgique étant enceinte. Même avant de vouloir avoir des enfants, et même si je me considère guérie de la fibromyalgie, c’était tout de même une question que je me posais, à savoir si la grossesse pourrait potentiellement réactiver les symptômes.

Je vous partage donc comment j’ai vécu ma grossesse jusqu’à présent et mon point de vue personnel sur la question d’avoir des enfants lorsque nous souffrons de douleurs chroniques ou d’une maladie X ou Y.

 

Mon expérience personnelle

Jusqu’à présent, mes symptômes ont été les symptômes « classiques » de grossesse, tels que l’essoufflement et la fatigue au cours des premiers mois. En ce qui a trait au manque de souffle, ce n’est pas un symptôme propre à la fibromyalgie, mais bien à la grossesse.

Du côté de la fatigue, c’est un symptôme pouvant être effrayant puisque la fatigue est un symptôme déjà bien présent dans la vie d’une personne fibromyalgique. En entendant des femmes dire qu’elles ne faisaient que dormir au cours de leur premier trimestre et qu’elles n’avaient pas d’énergie, et que nous sommes déjà en train de vivre cela, il est certain que l’on se posera la question à savoir si une grossesse ne fera qu’empirer ceci.

Pour avoir vécu ces deux types de fatigue, je peux vous dire qu’ils sont bien différents. La fatigue de fibromyalgie est comme une torture mentale et physique : insomnie, palpitations cardiaques, anxiété, sommeil léger et peu réparateur, créant un cercle vicieux où plus nous sommes fatigués, moins nous arrivons à bien dormir.

La fatigue de grossesse est tout le contraire : je dors comme un bébé! Bien que je ne me considère plus fibromyalgique puisque je n’ai plus de symptômes, je suis tout de même une personne ayant tendance à être anxieuse. Par le passé, c’était quelque chose qui avait pour effet d’amplifier mes symptômes de fibromyalgie. Encore aujourd’hui, une des façons dont mon corps réagit à cette anxiété est par une difficulté à dormir.

Toutefois, ce genre de fatigue est plus mental, tandis que la fatigue de grossesse est plutôt physique. C’est d’ailleurs une fatigue si prononcée que votre esprit ne se concentrerait pas sur vos douleurs, sur votre anxiété et vos tracas. C’est une fatigue qui, selon mon expérience, vous permettrait d’avoir un sommeil réparateur. Personnellement, j’ai trouvé que c’était le meilleur sommeil de ma vie!

Un autre de mes symptômes était de fortes nausées. Encore une fois, cependant, c’est un symptôme bien particulier à la grossesse et non à la fibromyalgie. En fonction de qui vous êtes, si vous avez tendance à faire des migraines avec aura, si vous avez le mal de transport, etc., vous aurez statistiquement plus de chances d’être affectée par de fortes nausées. Pour l’avoir vécu, c’est quelque chose de très désagréable, bien entendu, mais si vous vivez ce symptôme, ce ne serait pas en lien avec votre fibromyalgie.

 

Les symptômes: difficiles à prévoir

C’est aussi un peu une question de hasard, c’est-à-dire que lorsque vous tombez enceintes pour la première fois, vous ne savez pas comment votre corps réagira. Certaines femmes sont « top shape », n’ont pas de vomissements et sont super en forme; d’autres ont le malheur de vivre de gros symptômes comme des nausées intenses. C’est donc peut-être un symptôme que vous pourriez vivre en étant enceinte, que vous ayez ou non des douleurs de fibromyalgie. Je ne crois toutefois pas que ce soit quelque chose qui doive vous effrayer.

Finalement, un autre élément pertinent à mentionner est au niveau de la grossesse et de l’hypermobilité. En effet, beaucoup de personnes diagnostiquées avec la fibromyalgie ont également un diagnostic d’hypermobilité. Bien entendu, la grossesse accentue ce phénomène pour faire de la place au bébé. Bien que ceci puisse causer certains déséquilibres et amplifier certaines douleurs liées à cette hypermobilité, ce ne seront pas des douleurs de fibromyalgie, mais bien des douleurs posturales qui seront réglées après la grossesse. C’est également un type de douleur qu’il vous est possible de contrôler avec de l’exercice, de faire travailler votre musculation pour stabiliser votre corps. Vous pouvez également consulter un physiothérapeute travaillant avec des femmes enceintes pour vous guider avec ceci.

Je suis conscience que tous ces symptômes peuvent être effrayant, mais gardez en tête qu’une grossesse ne dure que neuf mois et qu’au bout du compte, vous en retirez un joli petit bébé! Selon moi, cette joie en vaut les aspects plus désagréables.

 

Mon point de vue

Je souhaite maintenant vous faire part de mon point de vue sur la question d’avoir un enfant en étant fibromyalgique, en ayant des douleurs chroniques ou en ayant une limitation physique quelconque. Plusieurs personnes se demandent si c’est une bonne ou une mauvaise idée pour elles, si elles seraient mesure de bien prendre soin de leur enfant, si l’enfant en subirait les « conséquences », etc.

J’ai personnellement vécu le rôle de l’enfant dans ce scénario. En effet, ma mère a un handicap à son bras droit et est très limitée. Cela l’empêche de faire plusieurs choses et j’ai donc vécu cette situation d’avoir une mère ne pouvant pas tout faire physiquement. Toutefois, en tant qu’enfant, nous ne réalisons pas les handicaps de nos parents. Encore aujourd’hui, je dois parfois me rappeler que ma mère est aussi handicapée qu’elle l’est, car pour moi, ce handicap est invisible. Je n’ai jamais « subi » son handicap, je ne me suis jamais sentie pénalisée par celui-ci. Selon moi, le plus important est l’amour que l’enfant reçoit de la part de ses parents, et ce n’est pas quelque chose dont j’ai manqué.

Être présent pour son enfant psychologiquement et mentalement, l’écouter, le supporter, lui offrir de la compassion, lui donner de l’amour : à mon avis, c’est vraiment ce qui est le plus important si vous voulez tout donner à votre enfant.

De mon expérience personnelle, ma mère ne pouvait pas faire énormément d’activités physiques avec moi, mais je n’ai jamais ressenti de manque à cause de cela. Même si elle ne pouvait pas être active avec moi, elle pouvait tout de même me donner ce dont j’avais réellement besoin d’elle : son support mental et émotionnel, son amour, sa présence. Vous êtes en mesure de faire tout ceci, peu importe vos limitations physiques.

Selon moi, la question réside vraiment dans votre capacité et votre volonté à offrir un support, de la compassion, de l’amour, de l’empathie, une présence stable, à votre enfant. Si la réponse est oui, et bien je ne vois pas pourquoi vous devriez vous priver de cela.

Gardez aussi en tête que nous ne pouvons pas savoir ce qui pourrait survenir dans notre vie. Une personne hyper en forme pourrait soudainement tomber gravement malade, ou avoir un accident et devenir handicapée. Le fait de spéculer, de se demander si nous serions capables d’être parents malgré nos limitations physiques, ultimement, nous ne pouvons pas le prévoir. Nous sommes en mesure de contrôler certains facteurs de notre vie, mais d’autres sont hors de notre contrôle. Le fait d’anticiper négativement ce qui pourrait arriver ou ne pas arriver, selon moi, ne mène à rien.

 

Petit mot de la fin

Suite à votre lecture de ce (long) texte, j’espère que vous en retirez un autre point de vue à ce sujet et que vous vous sentez plus rassuré concernant vos questionnements et vos réticences. Souvenez-vous aussi qu’il existe plusieurs ressources pour vous aider à mieux aller avec vos douleurs chroniques pour éventuellement être capable d’avoir des enfants, si tel est votre désir.

Je vous invite à partager en commentaire si le fait d’avoir des enfants vous inquiète, si c’est quelque chose que vous désirez, si vous vivez avec la fibromyalgie ou des douleurs chroniques, bref, partagez votre point de vue!

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