Comment parler de sa douleur avec ses proches?

Même si notre intention n’est pas de « chialer », en bon français québécois, il arrive que ce soit la façon dont nos proches perçoivent nos propos lorsque nous leur parlons de nos douleurs chroniques et de notre maladie. Alors comment nous exprimer sur le sujet sans avoir l’impression de se plaindre?

J’ai personnellement vécu avec les douleurs de la fibromyalgie pendant une quinzaine d’années et, au cours de celles-ci, il y eût des périodes où j’en parlais et me plaignais, et d’autres où je ne disais rien.

Lorsque j’étais très jeune, je me plaignais continuellement au sujet de mes douleurs, ce qui est comprenable compte tenu du fait que je n’étais encore qu’une enfant. Je me souviens d’une conversation avec ma mère où elle m’avait expliqué qu’elle comprenait que je ressentais de la douleur, mais que de le répéter constamment n’allait rien m’amener de positif. Au contraire, me plaindre continuellement ne faisait qu’amplifier l’emphase que je mettais sur mes douleurs et m’amenait à toujours y diriger mon attention.

En vieillissant, il y eût ensuite une période de mon adolescence où je n’exprimais pas à voix haute mes douleurs, mais où mes pensées étaient y toujours tournées. Je ne me plaignais pas aux autres mais, dans le fond, c’était quand même une façon de me plaindre intérieurement à moi-même, ce qui n’était pas la meilleure des choses à faire.

Le moment définitif fût vers mes 18 ans où je décidai de continuer à ne pas en parler aux autres et d’arrêter de mettre l’emphase intérieurement sur mes douleurs. J’ai procédé de cette façon pendant plusieurs années et j’ai remarqué qu’en agissant de la sorte, mes douleurs avaient énormément diminuées. La maladie avait alors perdu beaucoup de son emprise puisque j’avais maintenant plus d’espace, mentalement, pour penser à d’autres choses et auxquelles accorder mon attention et mon énergie. Quelle délivrance!

Ultimement, j’ai trouvé une façon qui fonctionnait pour moi d’exprimer (ou de ne pas exprimer) ce que je vivais, mais une façon ne sera pas nécessairement meilleure qu’une autre. Chaque personne aura sa propre manière de gérer et de penser à ses douleurs et sa maladie. Il faut donc trouver ce qui fonctionnera pour nous personnellement, sans se décourager si ce qu’une personne fait ne nous convient pas.

La différence entre se plaidre et demander de l’aide

Ce qui est important, c’est de faire la différence entre se plaindre et demander de l’aide. Se plaindre ne n’apportera pas de positif et ne fera que mettre davantage d’emphase sur votre douleur et votre maladie.

Verbaliser vos symptômes pour demander de l’aide, toutefois, par exemple en disant « Pourrais-tu descendre le bol de l’étagère, s’il-te-plaît? Mes épaules me font un peu mal. » attirera l’attention sur vos douleurs, mais ce ne sera pas dans le but de vous plaindre.  

Demander de l’aide avec légèreté vous aidera à moins avoir l’impression de vous plaindre et votre proche aura le sentiment qu’il ou elle peut concrètement poser une action qui vous aidera avec votre douleur dans le moment. Pour vous personnellement, ça fera une grande différence dans votre vision de vous-même et de comment vous vous sentez, particulièrement si vous vous sentez coupable.

Cette façon de penser et de voir les choses, c’est aussi ma façon de penser pour gérer mes problèmes au quotidien. Nous ne nous cacherons pas que, parfois, ça fait du bien d’avoir une bonne séance de « chialage » et de ventiler. Toutefois, si nous accordons trop d’importance et de notre effort mental aux aspects négatifs d’une situation X ou Y, c’est sûr qu’on ne se sentira pas mieux. La même logique peut être appliquée à vos douleurs et votre maladie.

Il est important de garder en tête que vous détenez le contrôle sur comment vous percevez personnellement votre maladie mais, qu’en bout de ligne, ce n’est pas à vous à gérer comment vos proches vivent avec celle-ci. Ne culpabilisez pas; vous n’êtes pas un fardeau.

Si vous continuez de vous sentir anxieux et coupable dans votre gestion de vos douleurs vis-à-vis vos proches, je vous invite à aller consulter quelqu’un de qualifié qui saura vous écouter, vous diriger et vous donner des outils pour vous exprimer et vous aider à vous sentir mieux dans tout ça.

 

Si vous avez apprécié cette capsule, rejoignez la communauté Maîtres de notre bien-être sur Facebook pour avoir accès à d’autres outils qui vous aideront à gérer vos douleurs chroniques!